Découvrir le livre ancien

Le livre ancien et moderne est un vaste domaine…

À la librairie, les livres en vente ont tous fait l’objet d’un travail minutieux de documentation et de recherche pour remettre le livre dans le contexte et déterminer l’intérêt de l’ouvrage (qui est l’auteur ? combien de volumes la série contient-elle ? quelle est la rareté de l’ouvrage ? etc.).

Voici quelques articles qui vous aideront à appréhender et à comprendre ce monde un peu mystérieux.

Sachez que le libraire est également là pour répondre aux questions de l’amateur intéressé…

1) Comprendre une fiche de catalogue

Le travail du libraire

Afin de vérifier qu’un ouvrage est bien complet, le libraire le collationne : il décompte ainsi les éléments constitutifs de l’exemplaire : sa pagination et ses illustrations.

Pour vérifier la collation, le libraire possède un certain nombre d’ouvrages de référence, classés par sujet, par siècles, par lieu d’impression,… : c’est la bibliographie.

Ce travail permet au libraire de connaître les spécificités de son exemplaire et à l’amateur d’avoir l’assurance que l’ouvrage est bien complet, ou du moins conforme à la notice descriptive.

Savoir lire une notice

Les notices suivent des règles bibliographiques datant du XIXe siècle et le descriptif est, le plus souvent, rédigé ainsi :

Nom de l’auteur, titre du livre

Lieu d’édition, nom de l’éditeur et date d’édition

Format, collation (avec tous les feuillets, chiffrés ou non), description de la reliure et condition physique de l’exemplaire (signalant les éventuels défauts)

Prix de vente

Pour certains exemplaires, le libraire poursuit cette description par un commentaire.

Là, il peut indiquer s’il s’agit d’une édition particulière (originale, dédicacée…), peut faire un rappel sur un contexte historique, préciser un aspect de la personnalité de l’auteur, citer une critique issue d’un ouvrage de bibliographie…

Quelques abréviations

E.O.             édition originale

s.l.n.d          sans lieu ni date

f ou ff.          feuillet(s)

tr.                 tranche

p ou pp.       page(s)

couv.            couverture

pl.                planche

rel.              reliure

s.d.             sans date

h-t.             hors-texte

s.l.              sans lieu

 

2) Format de papier ou format du livre ? Attention à ne pas confondre les formats !

Le format du papier est celui de la feuille entière.

Il dépend de la taille de la forme (tamis utilisé dans les moulins pour prendre la pâte à papier et qui donne sa taille à la feuille). Chaque moulin a donc sa propre taille de feuille et la provenance est reconnaissable grâce au filigrane du moulin.

Sans titre 4
Les formats de feuilles les plus connus et généralement adoptés à la fin du XVIIIe sont :
– Carré (44 x 56 cm)
– Raisin (50 x 65)
– Jésus (56 x 76)
– Grand Aigle (75 x 106)

La feuille de papier est ensuite pliée plusieurs fois de façon à obtenir les cahiers dont sont
formés les livres.

Selon ce pliage, on distingue donc plusieurs formats de livres.

C’est ce format qui est indiqué par les libraires sur les fiches de leurs livres (et on comprend alors que selon la taille de la feuille, le in-8 n’a pas toujours les mêmes dimensions).

Sans titre 5
Les formats de cahiers (et donc des livres) sont les suivants :
– In-plano (rare) pour la feuille de papier imprimée à plat et non pliée.
– In-folio pour les feuillles pliées en 2, formant donc 4 pages mesurant environ 50 cm.
– In-quarto (in-4) pour les feuillles pliées en 4, formant donc 8 pages mesurant environ 30 cm.
– In-octavo (in-8) pour les feuilles pliées en 8, formant donc 16 pages mesurant moins de 25
cm.

Et ainsi de suite…

 

 

3) L’estampe – Initiation aux techniques de gravure…

Alors que les premiers incunables sortent des presses des imprimeurs (vers 1440), il devient nécessaire
de remplacer l’illustration du copiste par un procédé graphique…

Les différents procédés de gravure ont connu des modes plus ou moins durables depuis la création du
livre :

Le bois de fil (aux XVe et XVIe siècles) offre une matière brute permettant de graver uniquement
dans le sens de la fibre; Le trait est épais et la précision du détail est faible.

La gravure sur cuivre (ou taille-douce) supplante le bois au cours du XVIe siècle. Elle permet une
légèreté du trait qui rend la composition plus fouillée et plus délicate. La plaque de cuivre est
d’abord travaillée à la pointe sèche (au XVIe siècle) puis au burin (au XVIIe siècle). Certaines
techniques permettent de varier les effets : l’aquatinte, le pointillé, l’impression en couleurs (à la
fin du XVIIIe siècle);

Sans titre 2
La lithographie au début du XIXe siècle est une nouveauté complète. Elle permet à l’artiste de
dessiner lui-même directement sur une pierre poreuse.

Sans titre 1
– Le grand retour de la gravure sur bois à la période romantique s’accompagne d’une révolution
technique : le bois est taillé non plus dans le sens de la fibre mais perpendiculairement. C’est ce
qu’on a appelé le bois de bout ou bois debout.

Sans titre 3
– Le XXe siècle connait une explosion de techniques : composition sur linoléum, sur carton, sur
zinc, sur matière plastique, la photographie, etc…

Parmi ces techniques, on distingue :
> Les techniques mécaniques, c’est à dire celles de la gravure à proprement parler : burin sur cuivre,
gravure au pointillé, pointe sèche, manière noire…
> Les techniques à morsures chimiques, par l’action d’un acide : Sur une plaque de cuivre on étend
une mince couche de vernis. Quand celui-ci est sec, on dessine à sa surface à l’aide d’une pointe bien
effilée, qui, en rayant le vernis, met le métal à nu; l’acide attaquera celui-ci, où le trait de pointe
l’aura découvert, et rongera des tailles plus ou moins profondes.

C’est le cas de la gravure à la pointe sur vernis, dur ou mou, de l’aquatinte, de la manière de crayon.

 

4) Les « grands papiers »

Les papiers

Au milieu du XIXe siècle, le papier à base de pâte à bois se généralise et permet de réduire les coûts d’impression : le livre devient plus accessible.
Avec le développement de la bibliophilie et l’apparition du métier d’éditeur, des efforts particuliers sont alors apportés au choix du papier lors du tirage d’un certain nombre d’exemplaires destinés à des lecteurs privilégiés : ce sont les tirages de tête, appelés aussi grand papier.

Imprimés en premier (alors que les caractères de typographie n’ont pas encore été usés) et sur des papiers plus grands et de plus belle qualité, ils constituent un tirage prestigieux, restreint et numéroté.

Ces tirages peuvent être imprimés sur :
– peau de vélin : peau de veau très jeune. Rare car très onéreux.

– papier de Chine : papier très mince à base de bambou. Le meilleur support pour l’impression de gravures.

– papier de Japon : fabriqué avec l’écorce du mûrier. Lisse et nacré, il est très résistant.

– papier vélin : papier imitant la blancheur de la peau de vélin.

– papier vergé : ce papier chiffon, autrefois courant, devient « grand papier » en comparaison du papier de bois, friable.

– le papier de couleur : le plus souvent, c’est du papier vélin teinté dont la couleur peut être symbolique du thème. Assez rare et recherché.

La justification

Les informations concernant le tirage et qui indiquent le nombre et la nature des grands papiers se retrouvent sur un feuillet imprimé au début ou à la fin du livre.
Cela permet de juger du caractère privilégié de l’exemplaire sur un papier donné.
L’ouvrage qui porte un numéro (à la main ou au composteur) est dit justifié.

 

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